Cadrage budgétaire : de qui se moque Manuel Valls ?

État d’urgence, déchéance de nationalité, article 49 alinéa 3, l’ex Premier ministre connait sur le bout des doigts la Constitution de 1958, écrite par certain général. Il est bien le candidat du foutage De Gaulle. Pour faire sérieux, il adjoint un cadrage budgétaire à son programme : il aurait mieux fait de s’abstenir.
Chronique GMT 01/02/2017

SPD Bundesparteitag Berlin, 10.-12. Dezember 2015, CityCube, Messe Berlin

Franklin sait compter deux par deux et lacer ses chaussures. On espère que Manuel Valls sait lacer ses chaussures. CC 3.0 Olaf Kosinsky

                Jusqu’ici, calendrier oblige et à l’exception d’un billet sur Benoît Hamon, l’autre finaliste de la primaire de la  Belle Alliance Populaire, je me suis concentré sur la droite. Ne vous inquiétez pas, on s’intéressera bien sûr aussi à la gauche, mais la prochaine fois, puisqu’aujourd’hui la chronique porte sur Manuel Valls. À cette heure, je ne sais pas encore s’il a été battu, mais quoiqu’il en soit c’est une bonne occasion de parler de son programme économique.

La règle budgétaire de l’UE et 1 et 2 et 3%

                Encore qu’il n’y ait pas grand-chose à dire. Il veut nous faire croire qu’il est de gauche mais souhaite le maintien de la loi travail, une incitation à augmenter le temps de travail par défiscalisation des heures supplémentaires (mesure de feu Nicolas Sarkozy) et enfin le strict respect de la règle budgétaire de l’Union Européenne. À savoir les fameux 3% de déficit public par rapport au PIB.

                Présente dans le Traité de Maastricht (plus exactement dans un protocole sur les déficits publics) c’est une construction économique pratique mais qu’il faudrait arrêter de sacraliser. Issu d’un calcul complexe, que je vous épargne, en partie sur la soutenabilité de la dette et de réflexions sur la méthodologie même de ce calcul, ce seuil est un peu moins arbitraire qu’il n’y parait. Pour faire bref, 3% c’est correct, mais c’est correct pour la France de 1992. Il faudrait peut être actualiser et moduler en fonction des pays.

Des contradictions flagrantes

Mais admettons. Manuel Valls veut respecter ces 3%, mais il se contredit complètement d’une ligne à l’autre de son programme. Il propose « une augmentation des dépenses publiques mais moins rapide que celle de la richesse nationale » (p 48). Mais quelques paragraphes plus loin (p 49) on apprend que son « hypothèse de croissance annuelle » est de 1,9%, puis qu’il propose « une évolution (sic) globale des dépenses publiques de l’ordre de 2,5% par an ». Ainsi pour Manuel Valls 2,5 est inférieur à 1,9…

 Ensuite réduire le déficit public, ce qui ne devrait d’ailleurs pas être un objectif un soi, se fait mécaniquement par deux stratégies : la diminution des dépenses publiques ou l’augmentation des recettes fiscales. Éventuellement les deux. Manuel Valls propose l’exact inverse sur les deux points. Outre les 2,5% dont on vient de parler, il souhaite établir une « provision pour risques de quinze milliards d’euros sur le quinquennat », pour la diminution des dépenses publiques c’est raté. L’augmentation des recettes fiscales alors ? Pas du tout, le candidat nous promet « la poursuite de la baisse des prélèvements obligatoires. » Quelle peut être la crédibilité d’un programme économique qui présente trois contradiction en deux pages ?

Alors Manuel Valls, pour faire bonne mesure, il faut se rendre compte que naviguer à vue est très difficile, surtout quand on a des œillères.

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